“Qu’ainsi périsse toute Romaine qui pleurera l’ennemi!”
Tite-Live, Ab Urbe Condita 1, 26.

Cette phrase fut, selon la tradition romaine, prononcée au VIIe siècle avant J.-C. par un frère qui venait de tuer sa sœur.

Rome est en guerre contre Albe-la-Longue: les Horaces sont trois frères romains, les Curiaces trois frères albains. Les Horaces et les Curiaces engagent entre eux un affrontement: l’issue du combat doit décider de l’issue de la guerre.

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Jacques-Louis David, Le Serment des Horaces (1784)

Deux des Horaces meurent, le troisième réussit à tuer les trois Curiaces blessés. Il fait dans Rome une entrée triomphale; mais sa sœur, qui était fiancée à l’un des Curiaces, éclate en sanglots et se lamente sur la mort de son bien-aimé. Le jeune vainqueur, furieux contre cette sœur qui “oublie sa patrie et ses frères morts”, la transperce de son épée et prononce la fameuse phrase “Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem“.

Quoique de l’aveu de tous ce crime fût atroce, Horace n’aura pas à subir les conséquences de son crime, grâce à l’intervention de son père qui déclarera que, si son fils ne l’avait fait, il aurait lui-même mis fin aux jours de sa fille.

Le combat des Horaces et des Curiaces constitue l’un des plus célèbres épisodes de l’histoire romaine: c’est un aperçu frappant de la nature belliqueuse et profondément austère de ce peuple. Le jeune Horace était souvent pris en exemple par les anciens Romains (dans une certaine mesure évidemment!): la gloire et la prédominance de la patrie sont toujours à mettre au-dessus de la satisfaction personnelle, et même au-dessus des liens du sang. Des gens plus simples peut-être, qui ne sont pas des héros de la patrie, se réserveront le droit d’aimer leurs semblables avant tout autre chose…

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