Palestine Sunday, Mar 25 2007 

Les lecteurs de la Bible auront déjà entendu parler des Philistins, les ennemis jurés des Hébreux aux environs de 1000 av. J.-C. C’est ce même peuple qui a donné son nom à la Palestine, qui a d’abord désigné la terre qu’ils habitaient, puis fut repris par les Romains dans des circonstances bien particulières…

Après la seconde révolte juive de la province de Judée au IIe siècle ap. J.-C. (la révolte de Bar Kokhba ou dernière guerre judéo-romaine) et son anéantissement par les Romains, l’empereur Hadrien voulut éradiquer le judaïsme ainsi que le souvenir même de la Judée. Il baptisa donc la province Syria Palaestina à la place de Syria Judaea, en souvenir de ces ennemis jurés des Juifs qu’étaient les Philistins. C’est pour cette raison qu’on appelle aujourd’hui Palestine cette région du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le Jourdain, la Terre Sainte des Chrétiens.

Caesar Saturday, Mar 24 2007 

Caesar est le cognomen -surnom- de Julius Gaius Caesar, Jules César en bon français. Ce surnom était souvent donné dans sa famille, la gens Julia ; après sa mort, il servit de titre honorifique aux empereurs romains.

Etymologie: parmi les nombreuses propositions, on peut sélectionner les deux plus plausibles et généralement admises:
1- de l’adjectif caesariatus, “chevelu”, dérivé de caesaries, “chevelure”, du verbe cado, “tomber” (les cheveux longs tombent!) => un César serait donc un homme chevelu, ce qui serait assez comique dans le cas de Jules César, atteint de calvitie…
2- du substantif caesar = caeso, “retiré du ventre de sa mère en le coupant”, du verbe caedo, “couper” => un César serait donc à proprement parler né par opération césarienne!

Prononciation: probablement prononcé [kaisar] en latin classique, puisqu’il était transcrit Καίσαρ [kaisar] en grec ancien.

On le trouve dans d’autres langues vivantes: cf. l’allemand Kaiser, le russe Tsar.

La Syphilis Thursday, Mar 8 2007 

La syphilis tient son nom du berger Syphilis, premier homme à attraper la maladie dans le poème Syphilis sive morbus gallicus (”Syphillis ou la maladie française”) de Girolamo Fracastoro (1530).
Il faut noter qu’on appelle aussi la syphilis “grande vérole”, “maladie anglaise”, “maladie de Naples” ( elle apparut pour la première fois lors du siège de Naples en 1495), etc.

Maladie vénérienne, elle connaît une recrudescence dans toute l’Europe depuis l’an 2000, tout particulièrement à Berlin. Pourquoi la capitale de l’Allemagne est-elle aussi la capitale européenne de la syphilis? Sûrement à cause de l’importante population de prostituées venues de l’Est et des rapports non protégés lors de rencontres occasionnelles, notamment entre homosexuels.

La syphilis peut aussi être contractée par voie sanguine, et d’une mère enceinte à l’enfant qu’elle porte.

On a cru que cette maladie causée par le Treponema pallidum (bactérie identifiée en 1905) était originaire d’Amérique et avait été ramenée en Europe par les marins de Christophe Colomb; en réalité, c’est plutôt l’inverse. On a d’ailleurs retrouvé, lors de fouilles d’un monastère du XIIIe-XIVe siècle en Angleterre, des corps enterrés présentant tous les signes de la syphilis… il ne s’agissait pas de moines je vous rassure, mais de la haute société qui se faisait enterrer dans le monastère.

Aujourd’hui, la syphilis se soigne très facilement: une piqûre de pénicilline fait l’affaire. Mais avant la découverte de cette dernière, le malade subissait des souffrances atroces; la maladie atteignait le système nerveux, le cœur, le cerveau. On compte parmi les malades célèbres le roi Henri VIII, certaines de ses femmes et sa descendance, et le compositeur Franz Schubert, qui avait été entraîné par ses amis dans un bordel, et qui, atteint de la maladie, composa dans les dernières années de sa vie nombre d’œuvres de génie.
Il faut noter qu’un malade, avant la démence causée par la méningo-encéphalite, passe quelques fois par une phase transitoire où l’on observe une augmentation des capacités intellectuelles…

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L’Abaque Monday, Feb 26 2007 

Du latin abacus, mot lui-même issu du grec, un abaque est dans la haute Antiquité une table couverte de sable sur laquelle on inscrit des chiffres: c’est une aide pour Abaccus.jpgle calcul. Nous sommes nous-mêmes familiarisés avec l’abaque boulier, dont une certaine forme était utilisée dès l’époque des Romains. Le calcul systématique avec abaque tomba progressivement en désuétude à partir de l’époque des croisades avec l’influence des mathématiciens arabes, remplacé par le calcul algorithmique, c’est-à-dire l’utilisation du système décimal et des opérations pour résoudre un problème: division, multiplication, addition, soustraction.

Les chiffres 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Monday, Feb 26 2007 

Les indiens sont à l’origine de ce système numérique en base dix que nous utilisons aujourd’hui. Les chiffres en devanagari -le principal alphabet indien- sont: ० १ २ ३ ४ ५ ६ ७ ८ ९ (śu̅nya, ek, do, tīn, cha̅r, pa̅nch, che, sa̅th, a̅ṭh, nau). L’introduction du système indien par le mathématicien italien Fibonacci engendra bien des disputes au Moyen Age et il fallut attendre le XVe siècle pour que ces bien pratiques 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 soient définitivement adoptés en Europe. Le zéro surtout, le symbole du Rien, troublait les esprits et posait des difficultés nouvelles: c’est pourquoi on appela en latin médiéval ce système cifra, “code secret”, de l’arabe ṣirf signifiant “zéro, rien”, et qui a donné le français chiffre.

Fibonacci, le trait d’union des mathématiques Monday, Feb 26 2007 

Leonardo Fibonacci, Fibonacci.jpgconnu aussi sous le nom de Leonardo Pisano, naquit à Pise vers 1170, et mourut en 1250. Considéré par certains comme le plus grand mathématicien du Moyen Age, il a offert à l’Europe ses principaux outils mathématiques. Eduqué en Afrique du Nord, influencé par les mathématiciens arabes, il adopta le système numéral indien
dans son Liber Abaci (livre de calcul) alors que toute l’Europe utilisait encore les chiffres romains. Il est à l’origine de notre système de notation des fractions. Toujours dans son Liber Abaci, Fibonacci posa un problème fameux sur la croissance d’un couple de lapins, qui sera a l’origine de ce qu’on appellera plus tard suite de Fibonacci, où chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent.

De शून्या (śu̅nya) à zéro, l’aventure d’un mot Monday, Feb 26 2007 

Le terme sanskrit (langue classique de l’Inde) śu̅nya signifie “vide”. Employé par des mathématiciens indiens dès les Ve-IIe siècle av. J.-C. pour désigner l’idée de vide ou de zéro, il est ensuite attaché à son symbole. Traduit littéralement par les Arabes par ifr “zéro, rien”, il est ensuite adopté par le mathématicien italien Fibonacci qui le change en zephyrus, mot latin venant du grec et signifiant “vent de l’ouest”, qui devient en italien zefiro, en vénitien zero, qui donne le français zéro. Mais l’arabe ṣifr nous a aussi donné le mot chiffre.

Pour une idée au départ indienne, que de contrées traversées! Il aura fallu passer par l’Afrique du Nord et les mathématiciens arabes pour que l’Europe adopte enfin le principe, le mot et le symbole du zéro qui offriront aux mathématiques de nouveaux horizons!

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L’idée du vide et le zéro Monday, Feb 26 2007 

Qui a inventé le zéro? L’idée du rien, du vide, a toujours préoccupé les civilisations humaines. Les anciens Grecs avaient scrupule à matérialiser par un symbole le Vide, le Rien (τὸ οὐδὲν). Rabelais n’a-t-il pas dit dans son Gargantua “natura abhorret vacuum”, la nature abhorre le vide (si l’on veut respecter le contexte, il faut dire qu’il s’agit là d’un ivrogne qui demande de la boisson)? On trouve les premières ébauches du zéro à Babylone au IIe millénaire av. J.-C., où on le marquait par un espace vide; mais il n’était pas utilisé seul dans des calculs. A travers les âges et les peuples, le zéro a d’autres histoires: le système numérique des Mayas avait un symbole pour le zéro, le premier véritable nombre zéro employé seul date de la période hellénistique, les latins parlaient de nulla ou nihil (rien)… mais les véritables pionniers de notre zéro moderne sont incontestablement les Indiens.

L’apparence de notre zéro est originaire d’Inde du Nord et daterait du Ve siècle ap. J.-C., et ce sont les règles de Brahmagupta, au VIIe siècle, dans son Brahmasphuta-siddhanta, “Ouverture de l’Univers”, qui définissent pour la première fois le zéro et ses propriétés. Il pose notamment que zéro divisé par zéro donne zéro… ce qui n’est pas de l’avis des mathématiciens modernes!

Le Béjaune Saturday, Dec 23 2006 

Dictionnaire de l’Académie française, 8ème édition (1932-5):
BÉJAUNE. n. m. T. de Fauconnerie. Oiseau jeune, qui a encore sur le bec une petite peau jaune et qui n’est pas dressé. Il se dit figurément d’un jeune homme sot et niais.

Ce mot, d’un charme certain, d’une douceur sûre et d’une grâce des plus affirmées, ne demande qu’à revivre un peu. Pour cette raison impérieuse, je baptise dès aujourd’hui tous ceux qui ne sont pas des Chercheurs, des Curieux, des Intéressés, des Compréhensifs, enfin tous ceux qui ne sont pas de bons Escholiers, de BÉJAUNES. A vous de sortir de cette condition peu glorieuse, et de rentrer dès aujourd’hui dans l’univers du savoir! Sous peine de voir un jour votre esprit réduit à un état sur lequel il serait vraiment trop affreux d’écrire même un mot (car un mot suffirait).

Rabindranath Tagore, le premier Prix Nobel d’Asie Friday, Dec 22 2006 

Rabindranath Tagore, surnommé “Gurudev”, brahmane Bengali né en 1861 et mort en 1941 à Calcutta, fut poète, écrivain, compositeur, peintre. Prix Nobel de littérature en 1913, il composa environ 2230 chansons; il est célèbre pour ses pièces de théâtre, ses poésies, ses nombreuses histoires courtes. Il est le seul compositeur à être l’auteur de deux hymnes nationaux: celui de l’Inde (Jana Gana Mana, “tu es le souverain de toutes les âmes”) et celui du Bengladesh.
Il commença à écrire ses premiers poèmes à l’âge de huit ans; bien qu’il ait fait ses études en Angleterre, il fut peu à peu dégoûté du “Raj Britannique” et finit par se rallier au Mouvement d’indépendance de l’Inde et à fréquenter Mahatma Gandhi. A la fin de sa vie, il exprima un intérêt profond pour les sciences, la biologie, la physique, l’astronomie. Ses conversations avec Einstein, qui le tenait en grande estime tout comme Gandhi, sont demeurées célèbres. Pour son 100e anniversaire, le fameux cinéaste Indien Satyajit Ray tourna un documentaire sur cet imposant personnage… à voir impérativement!

Écoutez Jana Gana Mana, l’hymne national de l’Inde, composé en l’honneur de Dieu:

Adolphe Sax, un génie oublié Thursday, Dec 14 2006 

Vous êtes-vous jamais demandé d’où le saxophone tirait son nom?200px-Adolphe_Sax.jpg

Antoine-Joseph Sax, dit Adolphe Sax, était un virtuose de la clarinette, un facteur d’instruments des plus doués, et inventeur de génie belge et wallon, né à Dinant en 1814. Fils d’un père lui-même hors du commun, Charles Sax, qui lui apprit son métier de facteur d’instrument, il eut une enfance toute remplie de catastrophes en tous genres: à un an, il dégringole trois étages et se cogne la tête contre une pierre; il avale une épingle; il se jette sur un poêle; à trois ans il boit une coupe de vitriol; une explosion le projette au loin affreusement brûlé; il manque de périr empoisonné par du blanc de plomb, de l’oxyde cuivre, de l’arsenic; il reçoit un pavé sur la tête, il manque de se noyer… Sa mère déclare “qu’il est condamné au malheur et ne vivra pas”.

Mais il vivra, il vivra même énormément: 90 ans, d’une vie cependant rythmée par des procès, des faillites, la maladie.

Après s’être installé à Paris, centre culturel de l’Europe d’alors, Adolphe Sax dépose le brevet du saxophone en 1846; instrument dont l’un des premiers appréciateurs fut Berlioz, son grand ami. Ses succès et ses inventions suscitèrent une envie qui atteint des proportions incroyables: la création d’une Société des Ennemis d’Adolphe Sax, une tentative d’assassinat, mais surtout, avec la contrefaçon, une quantité de procès, que Sax gagnera toujours, mais qui seront aussi la cause de ses faillites successives.

Un jour, Sax se réveilla aphone: que fit-il alors? il fabriqua, pour obéir à la prescription de son médecin, une machine à inhaler du goudron, dont Pasteur commandera quelques exemplaires. Sax mourra de maladie en 1894, non sans avoir produit toutes sortes d’autres inventions: un accordeur, des appareils purificateurs d’air, un appareil pour exercer les poumons, un procédé de soudure, etc… sans oublier le sifflet des locomotives à vapeur.

Staphylococcus Tuesday, Nov 28 2006 

On distingue souvent les bactéries par leur forme : les bactéries de forme sphérique sont nommées coques ou cocci, du grec κόκκος « pépin, grain ». De plus les staphylocoques ont la particularité de ressembler au microscope à des grappes de raisin, d’où leur nom, composé de σταφυλή « grappe de raisin », et de κόκκος.773px-Staphylococcus_aureus_01.jpg
L’espèce de staphylocoque la plus pathogène est le staphylococcus aureus ou staphylocoque doré, qu’on trouve chez 15 à 30 % des individus sains.
Le staphylocoque est à l’origine de deux types d’infections : infections suppuratives et toxi-infections.
Le staphylococcus aureus peut ainsi être la cause de panaris, furoncles, septicémies, choc toxique ou syndrome de Ritter (toxémies), toxi-infections alimentaires … Jusqu’à présent, les antibiotiques ont été des armes efficaces contre les staphylocoques : mais les années ont vu l’apparition de souches multirésistantes. La majorité des souches (80 %) est aujourd’hui résistante à la pénicilline, et après le SARM (staphylococcus aureus résistant à la méticilline), on voit aujourd’hui apparaître le SARV (staphylococcus aureus résistant à la vancomycine), encore rare aujourd’hui, mais qui laisse présager que bientôt, d’ici vingt ans peut-être, nous n’aurons plus de protection efficace contre les staphylocoques dorés…

La trinité indo-européenne Friday, Oct 27 2006 

Les anciennes religions indo-européennes, polythéistes, pouvaient compter des dizaines, voire des centaines de dieux. A un degré supérieur d’organisation, trois dieux étaient mis en avant par rapport aux autres, et symbolisaient trois aspects possibles de l’action divine et humaine sur le monde: la création, la conservation, le renouveau. Trimurti.jpg

La Trimurti hindoue en est l’exemple le plus clair et le plus connu: Brahmâ est le principe créateur, Vishnu le défenseur, et Shiva celui qui détruit pour reconstruire. Chez les Romains, on trouve la fameuse “triade capitoline”, adorée dans le temple de Jupiter Capitolin: Jupiter, Minerve, Junon; chez les Germains, ce sont Odin, Thor et Freyr.

Le système de TRINITE, en fait beaucoup plus évolué et significatif que le monothéisme primaire, permet d’envisager la “roue du monde”, le cycle de la vie, l’éternel retour. Le monde créé doit être conservé, mais la chute est inévitable: cependant il renaîtra, comme le phénix de ses cendres.

Saint Thomas: le mystère du doute Wednesday, Oct 18 2006 

Qui n’a jamais entendu parler de l’apôtre Thomas, lequel ne voulut pas croire à la résurrection du Christ s’il ne pouvait VOIR et TOUCHER les marques de la crucifixion? Saint Thomas (en grec Didyme: “le jumeau”) est pour nous l’incarnation du doute, de celui qui n’a pas confiance. Est-ce à dire qu’il manquait de foi? Non: seulement sa foi n’était ni AVEUGLE, ni INSENSIBLE.

Il nous reste de saint Thomas un évangile apocryphe, qui est un recueil de logia (”oracles”) ou paroles prononcées par le Christ: on retrouve là encore la personnalité franche et soucieuse d’exactitude de cet apôtre, qui ne voulut point commenter inutilement la vie et les pensées de son maître.

Selon les Actes de Thomas (un autre texte apocryphe), saint Thomas se serait fait l’évangélisateur des Indes, et aurait fondé l’église chrétienne de Kerala, qui serait alors l’une des plus anciennes églises au monde!

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Caravaggio, l’incredulità di san Tommaso

Les mathématiques, quid? Monday, Oct 16 2006 

Le mot “mathématiques” vient tu grec μάθημα, signifiant ‘ce qui est appris, la leçon’, puis la connaissance en général, et enfin les sciences mathématiques (τὰ μαθημάτικα). Au nombre de trois, elles regroupaient chez Platon l’arithmétique, la géométrie, et l’astrologie. Plus tard on ajouta à ces “connaissances” l’harmonie, et on obtint ce qui allait devenir chez les Romains le “quadrivium” (arithmétique, géométrie, astronomie, musique), qui, associé au “trivium” (grammaire, rhétorique, dialectique), constitue les sept arts libéraux.

Aujourd’hui, notre vision des mathématiques, qui nous les fait voir comme une sorte de filet de formules à apprendre et à décliner, est donc erronée: les mathématiques ne sont que les dérivés de la Connaissance humaine, de tout ce que l’Homme a pu produire et essayer de comprendre depuis la nuit des temps, et de ce qui lui permettra d’avancer encore, debout, seul face à l’Univers, ayant pour seuls compagnons son Esprit, sa Raison.

Panini: le plus ancien et le plus moderne des grammairiens Tuesday, Oct 3 2006 

Quel fut le premier grammairien connu de l’humanité?panini.jpg

Un Indien, Panini, qui vécut entre le VIe et le IVe siècle av. J.-C. Grammairien du sanskrit, langue indo-européenne classique de l’Inde et encore parlée aujourd’hui, il utilisa, bien avant la naissance de la “linguistique moderne” avec Ferdinand de Saussure, les concepts linguistiques de racine, phonème et morphème. Sa grammaire (en sanskrit: Vyakarana) comprend quatre parties: sur la morphologie, la phonologie, les racines verbales, les racines des noms. Il est surtout célèbre pour avoir énoncé, dans l’Ashtadhyayi (ouvrage sur la morphologie), les 3959 sutras ou règles de morphologie. Elles forment une sorte de vaste code, qui permet de décrire toutes les formations possibles du sanskrit: les linguistes d’aujourd’hui, incapables de simplifier et fixer ainsi les langues dites “naturelles”, demeurent émerveillés devant ce système, similaire pour sa clarté et sa précision à un langage informatique…

Robert de Sorbon Monday, Oct 2 2006 

Qui était donc ce Robert de Sorbon, sans qui la fameuse Université de Sorbonne n’aurait jamais existé, et surtout n’aurait pas été si dignement baptisée?800px-Sorbonne_DSC09369.jpg

Chapelain de Louis IX (saint Louis), il naquit à Sorbon en 1201 et mourut en 1274 à Paris. Théologien, il fonda le Collège de Sorbonne en 1257, pour “seize pauvres maîtres ès arts, aspirants au doctorat en théologie”. Des théologiens, observant et pensant la logique de ce monde et de Dieu, furent donc les premiers étudiants de la Sorbonne: nous aussi, envisageons nos études, quelles qu’elles soient, comme une quête de savoir universel, scrutant l’horizon des vérités! Car l’Escholier de Sorbonne, étudiant universel, cherche et pense librement le monde, en se moquant bien de ce que le monde en pense…

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