Syntaxe des noms et adjectifs en latin Monday, Jul 6 2009 

Nous allons aujourd’hui juste citer les phrases-exemples à retenir pour se rappeler un peu la syntaxe des noms et adjectifs latins. Histoire de faire ses gammes…

Augustus imperator (Auguste empereur)
Urbs roma (la ville de Rome)
Liber Petri (le livre de Pierre)
Tempus legendi (le temps de lire)
Tempus legendi historiam == Tempus legendae historiae (le temps de lire l’histoire)

Deus sanctus (Dieu saint)
Pater et mater boni (bons père et mère)
Virtus et vitium contraria (vertu et vice, choses contraires)
Turpe est mentiri (il est honteux de mentir)
Vere sapientes (les hommes vraiment sages)

Avidus laudum (avide de louange)
Cupidus videndi (curieux de voir)
Similis patris == Similis patri (semblable à son père)
Mihi utile est (cela m’est utile)
Corpus assuetum tolerando labori (corps accoutumé à tolérer le travail)
Aptus ad militiam, natus ad arma (apte à la guerre, né pour les armes)
Propensus ad lenitatem (porté à la douceur)
Pronus ad irascendum (prompt à la colère)
Populabundus agros (ravageant les campagnes)
Praeditus virtute (doué de vertu)
Dignus laude (digne de louange)
Contentus sua sorte (content de son sort)
Mirabile visu (admirable à voir)
Facilis dictu (facile à dire)

Doctior Petro (plus savant que Pierre)
Felicior quam prudentior (plus heureux que prudent)
Felicius quam prudentius (plus heureusement que prudemment)
Magis pius quam tu (plus pieux que toi)
Majori virtute praeditus (plus vertueux)
Minori virtute praeditus (moins vertueux)
Doctior est quam putas (il est plus savant que tu ne le penses)

Altissima arborum = Altissima ex arboribus = Altissima inter arbores (le plus grand des arbres)
Validior manuum (la plus forte des deux mains)
Maxime omnium conspicuus (le plus remarquable de tous)
Unus militum = Unus ex militibus = Unus inter milites (un des soldats)
Quis nostrum (qui de nous)
Optimus quisque illi favet (les plus honnêtes gens le favorisent)

Source: grammaire de Lhomond et Le Tellier.

De la période & de ses parties (Mercier) Sunday, Jul 5 2009 

Le Sorbonnard a acquis il y a bien longtemps de cela le précieux Manuel des Grammairiens de N. Mercier, et comme c’est un ouvrage du XVIIIe siècle, il est bien conscient qu’il est difficile pour vous autres internautes de se le procurer… c’est pourquoi nous publierons régulièrement certaines de ses règles latines, que nous traduirons en bon français!

Nous commencerons donc par la période et ses parties. Les – indiquent des syllabes longues et les U des brèves.

1. Periodus dictionum plurium series est et circuitus sensum efficiens integrum et perfectum.
La période est une suite de plusieurs mots, et, mise bout à bout, donnant un sens complet et parfait.

2. Periodi partes sunt membrum et incisum.
Les parties de la période sont le membre et l’incisum (il peut y avoir plusieurs membres, et l’incisum ou κὀμμα est court et se met entre deux virgules).

3. In periodorum principio certi quidam pedes adhibendi sunt.
Au commencement des périodes, certains pieds peuvent être utilisés (ce sont: le Crétique – U –, le Pæon premier – UUU, le Pæon quatrième UUU –, le Bache U – –, l’Antibache – – U, l’Anapeste UU –, le Dichorée – U – U, le Molosse – – –).

4. Alii quoque pedes adhibendi in fine periodorum.
D’autres pieds sont à utiliser à la fin des périodes (ce sont: un Crétique et un Dichorée – U – – U – U, un Dichorée et un Molosse – U – U – – –, un Crétique et un Dactyle – U – – UU, deux Spondées – – – –, le Dochime U – – U –, un Dactyle et un Bache – UU U – –, un Tribraque et un Spondée: UUU – –).

5. Verbum polysyllabum finiti modi eleganter collocatur in principio vel fine periodi.
Un verbe de plusieurs syllabes d’un mode fini (i.e. indiquant personne, nombre et temps) se met élégamment en début ou en fin de période.

6. Participia in dus, da, dum, non inelegantem locum habent in periodi principio vel fine.
Le gérondif se met bien au commencement ou à la fin de la période.

7. Adjectiva et substantiva polysyllaba amant principium vel finem periodi.
Les adjectifs et substantifs polysyllabiques se mettent bien au commencement ou à la fin de la période.

8. Comparativus item et superlativus recte in principio vel fine periodi collocantur.
De même, le comparatif et le superlatif se mettent bien à une des deux extrémités de la période.

9. Periodus recte, ut plurimum, ab illis incipitur verbis, quae posteriora sunt in Gallico.
La période latine commence bien par les verbes qui se mettent en dernier en français.

10. Conjunctiones quaedam, seu formula quaedam ex conjunctionibus, ut plurimum, constantes, in periodorum initio multum habent venustatis.
Pour commencer une période, on se sert couramment de certaines conjonctions ou formules (ce sont: At illud quidem; Ac mea quidem sententia; Neque vero; Neque enim; Jam vero; Sed etiam; Etsi; Quamobrem; Etenim; Itaque; Utenim quisquis; Quin etiam; Verum ego; Verum enim vero; Num igitur).

Étymologie de “République” Saturday, Jul 4 2009 

Nous allons effectuer une petite recherche étymologique, afin de mieux comprendre le concept latin de res publica, traduit le plus souvent par “chose publique”, res étant un substantif féminin voulant dire “chose” et publica étant le féminin de l’adjectif publicus, “publique”.

1/ Éymologie de publicus

Dérivé de populus, qui lui-même vient du latin archaïque popolus, créé par redoublement de syllabe initiale d’un hypothétique *polus, équivalent au grec πολύς, “nombreux”. L’adjectif indo-européen dont serait issu πολύς, i.e. pelú- (comparatif *plḗi̯os, superlatif *plǝistó-), a pour racine *pel-, pelǝ-, plē-, “remplir”, qui a notamment donné le grec πίπλημι (remplir), πλῆθος (le nombre), et le latin plēbs (la plèbe, i.e. la masse populaire).

On peut donc en déduire que ce qui est publique, ou relatif au peuple, est relatif à ce qui remplit, qui est en nombre.

2/ Étymologie de res

Le latin res, traduit souvent par “chose”, peut sembler assez vague. En réalité, il veut plutôt dire “chose que l’on possède”. Le mot vient de la racine indo-européenne *rēi-, “chose, possession”, qui a donné le sanskrit rai-, “possession, richesse”.

Même si nous n’avons pu encore explorer la complexité historique du concept de république, nous avons du moins pu éclairer son sens quelque peu.

De “chose publique”, nous préférerons désormais la traduction plus précise de “possession de ceux qui sont en plus grand nombre, qui remplissent le pays”, ou bien, en plus court et énigmatique, “possession du nombre”.

Le Calendrier Tuesday, Apr 17 2007 

Notre “calendrier” remonte au latin KALENDAE, les “calendes”, le nom donné par les anciens Romains au premier jour du mois, qui annonce aussi le début de la nouvelle lune (ce mot viendrait d’un verbe calare, “annoncer”). C’était le jour fatidique où devaient être payées les dettes inscrites sur les CALENDARIA ou livres de compte (calendrium au singulier), les véritables ancêtres de nos calendriers.

Eh oui, nous le pensions tous depuis longtemps, voilà qui est confirmé: le calendrier n’a été créé que pour nous soutirer des sous. Le calendrier… un gigantesque système d’exploitation du temps, un livre énorme ou s’entassent menace fiscale, factures, et toutes les limites (de temps) les plus contraignantes et les plus incroyables. Un système qui fait du citoyen sage et bien rangé un endetté perpétuel, éternel débiteur d’une société qui tourne en rond d’année en année, une société-machine qui continue encore à fonctionner pour ne pas avoir à lâcher un seul de ces citoyens sages et bien rangés.

Peut-être aurons-nous effectué un réel progrès le jour où, sur notre Calendrier de la Vie, nous n’aurons plus à inscrire méthodiquement d’anciennes dettes à payer, mais l’infinité d’une avancée présente et à venir.

Homo Monday, Apr 9 2007 

L’Homme… qu’est-il ? Un mammifère de l’espèce Homo sapiens ? Le seul être pensant de la terre, de l’univers ? La seule créature de Dieu qui s’assimile en toute âme et conscience à son créateur ?

Comment définir l’Homme ? Par son existence même ? Par son humanité ? Par les questions qu’il se pose et qui toujours restent sans réponse ?

Mais laissons sur cela disserter les philosophes et les bavards : nous autres escholiers, regardons le mot, voyons ce qu’il peut nous dire sur l’Homme, et comment pouvaient se le représenter nos plus lointains ancêtres.

Le latin homo, anciennement hemo, vient d’une racine indo-européenne *dheghm (essayez d’enlever le ‘d’ initial et le ‘gh’ pour y voir un peu plus clair) qui a donné le mot humus et veut dire « la terre ». L’Homme est donc celui qui vit sur la terre ferme, tout comme d’autres êtres vivent dans les cieux ou dans la mer.

Pourrait-on alors dire que l’on ne peut penser à l’Homme, qu’on ne peut chercher à le comprendre, sans l’associer à la terre qu’il habite et qu’il foule chaque jour ? Cette terre qu’il cultive et qui lui donne sa subsistance, sur laquelle il a toujours vécu, où il a écrit son histoire, et dont il ne pourra peut-être jamais se séparer, ne formerait-elle qu’un avec lui, avec l’Homme, avec nous tous qui vivons grâce à elle?

Caesar Saturday, Mar 24 2007 

Caesar est le cognomen -surnom- de Julius Gaius Caesar, Jules César en bon français. Ce surnom était souvent donné dans sa famille, la gens Julia ; après sa mort, il servit de titre honorifique aux empereurs romains.

Etymologie: parmi les nombreuses propositions, on peut sélectionner les deux plus plausibles et généralement admises:
1- de l’adjectif caesariatus, “chevelu”, dérivé de caesaries, “chevelure”, du verbe cado, “tomber” (les cheveux longs tombent!) => un César serait donc un homme chevelu, ce qui serait assez comique dans le cas de Jules César, atteint de calvitie…
2- du substantif caesar = caeso, “retiré du ventre de sa mère en le coupant”, du verbe caedo, “couper” => un César serait donc à proprement parler né par opération césarienne!

Prononciation: probablement prononcé [kaisar] en latin classique, puisqu’il était transcrit Καίσαρ [kaisar] en grec ancien.

On le trouve dans d’autres langues vivantes: cf. l’allemand Kaiser, le russe Tsar.

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