L’Élégie, le chant des lamentations Sunday, May 9 2010 

L’élégie, c’est un genre de poésie lyrique: une poésie de deuil, deuil amoureux, moral, physique, bref, point une ritournelle.

C’est ce qu’on en sait sans aller regarder dans un dictionnaire; pour le reste, il faut creuser un peu.

Le mot élégie vient du grec τὰ ἐλεγεῖα (pluriel du substantif neutre τὸ ἐλεγεῖον) dont les deux sens sont d’après le Liddell & Scott:
1) poème écrit en vers élégiaques (un vers élégiaque étant composé d’un hexamètre et d’un pentamètre)
2) lamentation, élégie telle qu’on l’entend aujourd’hui.

Pourquoi ce deuxième sens de lamentation? En fait, ἐλεγεῖον est un dérivé de ὁ ἔλεγος (qui a donné le latin elogium -> éloge), chanson triste accompagnée à la flûte. En compulsant les dictionnaires étymologiques, on trouve deux étymologies à ce mot:
1) ἒ ἒ λέγειν, “dire hélas! hélas!” -> assez comique mais pas pour autant à rejeter
2) un simple emprunt au phrygien (langue indo-européenne parlée en Asie Mineure).

Or la racine pour “se lamenter” (du latin lamentum) en indo-européen est *leh2-, parfois utilisée sous sa forme dédoublée *lala-, dont on a un très joli exemple en latin avec lallare, “chanter pour endormir”, ou en grec avec λαλιά, “bavardage”.

De cette même racine proviennent souvent des mots ayant rapport au chant ou au chagrin. On peut alors penser:
1/ que ces mots viennent effectivement de la même racine
2/ que ces mots viennent de deux racines différentes aujourd’hui difficilement discernables.

Or on a ce mot d’élégie, qui regroupe les deux idées à la fois, à savoir le chagrin chanté; on peut alors opter pour la première hypothèse et penser que pour les indo-européens, le chagrin c’était quelque chose à chanter. Ou bien tout simplement, le tout aurait une origine onomatopéique: quand on chante la la, ou qu’on crie las ou hélas, il n’y a pas grande différence.

François Ier v.s. Henri VIII Saturday, May 8 2010 

Rien que pour s’amuser un peu, comparons un peu deux figures de proue de la Renaissance: François Ier et Henri VIII, respectivement rois de France et d’Angleterre.

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Caractéristiques physiques de ces deux - grands - hommes:
François Ier: dans les 2 mètres de haut (d’après son armure), brun, svelte, noble nez (c’est-à-dire qu’il était très grand) et Français (cela entre évidemment dans les caractéristiques physiques, n’est-ce pas chers compatriotes?).
Henri VIII: 1 m 89, roux, très épais (il aurait fait jusqu’à 136 kg), Anglais.

Points communs:
Naissance: à trois ans d’intervalles, Henri VIII en 1491, François Ier en 1494.
Mort: la même année, en 1547.
Culture: les deux hommes étaient très cultivés, mais c’est surtout François Ier qui est connu comme homme de lettres: il a fondé des chaires de lecture, à l’origine de ce qui deviendra bien plus tard le Collège de France.

Les femmes:
François Ier et Henri VIII étaient tous deux hommes à femmes, mais dans une optique totalement différente. On cite souvent une des paroles de François Ier: “Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs”. Cette vision est assez contrastée par celle d’Henri VIII, qui considère plutôt la femme comme une machine à enfants: dans le désespoir d’avoir un héritier mâle, il se marie 6 fois et fait décapiter deux de ses femmes.

La religion:
Les rois de France ont toujours été bons catholiques; Henri VIII, par contre, cherchant à obtenir le divorce, fut à l’origine d’un divorce d’un autre type: la rupture de l’église d’Angleterre d’avec le pape.

Conclusion:
Ces deux princes étaient décidément radicalement différents, et sont restés comme des symboles nationaux: François Ier, promoteur de la galanterie française; Henri VIII, promoteur du pragmatisme anglais: la fin justifie les moyens…

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