Milinda, Ménandre I, synthèse de deux cultures Sunday, Apr 29 2007 

Ménandre Ier, connu sous le nom de Milinda en sanskrit et en pali, était un roi indo-grec qui régna d’environ 155 à 130 av. J.-C. Le Royaume Indo-grec était né d’une invasion de l’Inde du Nord par le roi gréco-bactrien Démétrios Ier vers 180 av. J.-C. Situé dans la région de l’Afghanistan et du Pakistan actuels, il vit se succéder près de 30 rois hellénistiques, souvent en conflit les uns avec les autres, et qui disparurent avec l’apparition de l’Empire koushan au Ier siècle.

Ménandre Ier, selon la tradition, aurait été le plus puissant des rois indo-grecs. Il se serait converti au bouddhisme et est regardé comme l’initiateur de l’art gréco-bouddhique, une synthèse du style grec classique et du bouddhisme. C’est un moine du nom de Nagasena qui aurait réussi à le convertir, à l’issue d’un entretien qui nous est conservé dans le Milindapañha, (“Les Questions de Milinda”), l’un des livres canoniques du bouddhisme.

Cet entremêlement de cultures est un résidu hélas éphémère du grand projet d’Alexandre le Grand, qui avait une vision d’un Empire universel, de partage des savoirs, d’une sorte de mondialisation précoce. Bien que son projet général ait avorté, il a tout de même réussi à propager dans une grande partie du monde connu d’alors la pensée grecque, et à établir son influence pour plusieurs siècles: d’où certains mélanges intéressants…

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Inscription bilingue = “de Ménandre le Sauveur”

A gauche, en grec: ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΣΩΤΗΡΟΣ ΜΕΝΑΝΔΡΟΥ
A droite, en pali: MAHARAJA TRATASA MENADRASA

Le Calendrier Tuesday, Apr 17 2007 

Notre “calendrier” remonte au latin KALENDAE, les “calendes”, le nom donné par les anciens Romains au premier jour du mois, qui annonce aussi le début de la nouvelle lune (ce mot viendrait d’un verbe calare, “annoncer”). C’était le jour fatidique où devaient être payées les dettes inscrites sur les CALENDARIA ou livres de compte (calendrium au singulier), les véritables ancêtres de nos calendriers.

Eh oui, nous le pensions tous depuis longtemps, voilà qui est confirmé: le calendrier n’a été créé que pour nous soutirer des sous. Le calendrier… un gigantesque système d’exploitation du temps, un livre énorme ou s’entassent menace fiscale, factures, et toutes les limites (de temps) les plus contraignantes et les plus incroyables. Un système qui fait du citoyen sage et bien rangé un endetté perpétuel, éternel débiteur d’une société qui tourne en rond d’année en année, une société-machine qui continue encore à fonctionner pour ne pas avoir à lâcher un seul de ces citoyens sages et bien rangés.

Peut-être aurons-nous effectué un réel progrès le jour où, sur notre Calendrier de la Vie, nous n’aurons plus à inscrire méthodiquement d’anciennes dettes à payer, mais l’infinité d’une avancée présente et à venir.

Homo Monday, Apr 9 2007 

L’Homme… qu’est-il ? Un mammifère de l’espèce Homo sapiens ? Le seul être pensant de la terre, de l’univers ? La seule créature de Dieu qui s’assimile en toute âme et conscience à son créateur ?

Comment définir l’Homme ? Par son existence même ? Par son humanité ? Par les questions qu’il se pose et qui toujours restent sans réponse ?

Mais laissons sur cela disserter les philosophes et les bavards : nous autres escholiers, regardons le mot, voyons ce qu’il peut nous dire sur l’Homme, et comment pouvaient se le représenter nos plus lointains ancêtres.

Le latin homo, anciennement hemo, vient d’une racine indo-européenne *dheghm (essayez d’enlever le ‘d’ initial et le ‘gh’ pour y voir un peu plus clair) qui a donné le mot humus et veut dire « la terre ». L’Homme est donc celui qui vit sur la terre ferme, tout comme d’autres êtres vivent dans les cieux ou dans la mer.

Pourrait-on alors dire que l’on ne peut penser à l’Homme, qu’on ne peut chercher à le comprendre, sans l’associer à la terre qu’il habite et qu’il foule chaque jour ? Cette terre qu’il cultive et qui lui donne sa subsistance, sur laquelle il a toujours vécu, où il a écrit son histoire, et dont il ne pourra peut-être jamais se séparer, ne formerait-elle qu’un avec lui, avec l’Homme, avec nous tous qui vivons grâce à elle?

Les Philistins: un peuple de la mer… Monday, Apr 9 2007 

D’où viennent les Philistins, les ennemis jurés des Juifs dans la Bible, ceux-là même qui ont légué leur nom aux Palestiniens, qui n’ont plus rien de commun avec l’ancien peuple, sinon leur éternelle querelle avec les Israéliens?

On ne sait pas grand-chose des Philistins, qui n’avaient pas l’usage de l’écriture. Mais on pense qu’il s’agit d’un de ces “Peuples de la Mer” qui envahirent l’Égypte au XIIIe siècle av. J.-C. Les Égyptiens évoquent une région nommée P-l-s-t (Peleset) qu’ils auraient habitée: la Bible appelle Peleshet le pays des Philistins.

Il s’agissait d’un peuple nomade, sûrement indo-européen, qui serait parti des îles de la mer Égée pour s’établir sur la côte sud-est de la Méditerranée. Il se mêla rapidement aux populations autochtones et aux environs de 1000 av. J.-C. déjà, il n’avait plus des Philistins que le nom.

Avec l’arrivée des Hébreux s’engagea une lutte pour la terre que ces derniers remportèrent. Qu’on se souvienne de l’épisode symbolique de David et Goliath: le champion des Hébreux, le frêle David, terrasse grâce à sa malignité le champion des Philistins, cette grande brute de Goliath.

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