Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem Monday, Mar 26 2007 

“Qu’ainsi périsse toute Romaine qui pleurera l’ennemi!”
Tite-Live, Ab Urbe Condita 1, 26.

Cette phrase fut, selon la tradition romaine, prononcée au VIIe siècle avant J.-C. par un frère qui venait de tuer sa sœur.

Rome est en guerre contre Albe-la-Longue: les Horaces sont trois frères romains, les Curiaces trois frères albains. Les Horaces et les Curiaces engagent entre eux un affrontement: l’issue du combat doit décider de l’issue de la guerre.

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Jacques-Louis David, Le Serment des Horaces (1784)

Deux des Horaces meurent, le troisième réussit à tuer les trois Curiaces blessés. Il fait dans Rome une entrée triomphale; mais sa sœur, qui était fiancée à l’un des Curiaces, éclate en sanglots et se lamente sur la mort de son bien-aimé. Le jeune vainqueur, furieux contre cette sœur qui “oublie sa patrie et ses frères morts”, la transperce de son épée et prononce la fameuse phrase “Sic eat quaecumque Romana lugebit hostem“.

Quoique de l’aveu de tous ce crime fût atroce, Horace n’aura pas à subir les conséquences de son crime, grâce à l’intervention de son père qui déclarera que, si son fils ne l’avait fait, il aurait lui-même mis fin aux jours de sa fille.

Le combat des Horaces et des Curiaces constitue l’un des plus célèbres épisodes de l’histoire romaine: c’est un aperçu frappant de la nature belliqueuse et profondément austère de ce peuple. Le jeune Horace était souvent pris en exemple par les anciens Romains (dans une certaine mesure évidemment!): la gloire et la prédominance de la patrie sont toujours à mettre au-dessus de la satisfaction personnelle, et même au-dessus des liens du sang. Des gens plus simples peut-être, qui ne sont pas des héros de la patrie, se réserveront le droit d’aimer leurs semblables avant tout autre chose…

Palestine Sunday, Mar 25 2007 

Les lecteurs de la Bible auront déjà entendu parler des Philistins, les ennemis jurés des Hébreux aux environs de 1000 av. J.-C. C’est ce même peuple qui a donné son nom à la Palestine, qui a d’abord désigné la terre qu’ils habitaient, puis fut repris par les Romains dans des circonstances bien particulières…

Après la seconde révolte juive de la province de Judée au IIe siècle ap. J.-C. (la révolte de Bar Kokhba ou dernière guerre judéo-romaine) et son anéantissement par les Romains, l’empereur Hadrien voulut éradiquer le judaïsme ainsi que le souvenir même de la Judée. Il baptisa donc la province Syria Palaestina à la place de Syria Judaea, en souvenir de ces ennemis jurés des Juifs qu’étaient les Philistins. C’est pour cette raison qu’on appelle aujourd’hui Palestine cette région du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le Jourdain, la Terre Sainte des Chrétiens.

Caesar Saturday, Mar 24 2007 

Caesar est le cognomen -surnom- de Julius Gaius Caesar, Jules César en bon français. Ce surnom était souvent donné dans sa famille, la gens Julia ; après sa mort, il servit de titre honorifique aux empereurs romains.

Etymologie: parmi les nombreuses propositions, on peut sélectionner les deux plus plausibles et généralement admises:
1- de l’adjectif caesariatus, “chevelu”, dérivé de caesaries, “chevelure”, du verbe cado, “tomber” (les cheveux longs tombent!) => un César serait donc un homme chevelu, ce qui serait assez comique dans le cas de Jules César, atteint de calvitie…
2- du substantif caesar = caeso, “retiré du ventre de sa mère en le coupant”, du verbe caedo, “couper” => un César serait donc à proprement parler né par opération césarienne!

Prononciation: probablement prononcé [kaisar] en latin classique, puisqu’il était transcrit Καίσαρ [kaisar] en grec ancien.

On le trouve dans d’autres langues vivantes: cf. l’allemand Kaiser, le russe Tsar.

La Syphilis Thursday, Mar 8 2007 

La syphilis tient son nom du berger Syphilis, premier homme à attraper la maladie dans le poème Syphilis sive morbus gallicus (”Syphillis ou la maladie française”) de Girolamo Fracastoro (1530).
Il faut noter qu’on appelle aussi la syphilis “grande vérole”, “maladie anglaise”, “maladie de Naples” ( elle apparut pour la première fois lors du siège de Naples en 1495), etc.

Maladie vénérienne, elle connaît une recrudescence dans toute l’Europe depuis l’an 2000, tout particulièrement à Berlin. Pourquoi la capitale de l’Allemagne est-elle aussi la capitale européenne de la syphilis? Sûrement à cause de l’importante population de prostituées venues de l’Est et des rapports non protégés lors de rencontres occasionnelles, notamment entre homosexuels.

La syphilis peut aussi être contractée par voie sanguine, et d’une mère enceinte à l’enfant qu’elle porte.

On a cru que cette maladie causée par le Treponema pallidum (bactérie identifiée en 1905) était originaire d’Amérique et avait été ramenée en Europe par les marins de Christophe Colomb; en réalité, c’est plutôt l’inverse. On a d’ailleurs retrouvé, lors de fouilles d’un monastère du XIIIe-XIVe siècle en Angleterre, des corps enterrés présentant tous les signes de la syphilis… il ne s’agissait pas de moines je vous rassure, mais de la haute société qui se faisait enterrer dans le monastère.

Aujourd’hui, la syphilis se soigne très facilement: une piqûre de pénicilline fait l’affaire. Mais avant la découverte de cette dernière, le malade subissait des souffrances atroces; la maladie atteignait le système nerveux, le cœur, le cerveau. On compte parmi les malades célèbres le roi Henri VIII, certaines de ses femmes et sa descendance, et le compositeur Franz Schubert, qui avait été entraîné par ses amis dans un bordel, et qui, atteint de la maladie, composa dans les dernières années de sa vie nombre d’œuvres de génie.
Il faut noter qu’un malade, avant la démence causée par la méningo-encéphalite, passe quelques fois par une phase transitoire où l’on observe une augmentation des capacités intellectuelles…

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