Le Béjaune Saturday, Dec 23 2006 

Dictionnaire de l’Académie française, 8ème édition (1932-5):
BÉJAUNE. n. m. T. de Fauconnerie. Oiseau jeune, qui a encore sur le bec une petite peau jaune et qui n’est pas dressé. Il se dit figurément d’un jeune homme sot et niais.

Ce mot, d’un charme certain, d’une douceur sûre et d’une grâce des plus affirmées, ne demande qu’à revivre un peu. Pour cette raison impérieuse, je baptise dès aujourd’hui tous ceux qui ne sont pas des Chercheurs, des Curieux, des Intéressés, des Compréhensifs, enfin tous ceux qui ne sont pas de bons Escholiers, de BÉJAUNES. A vous de sortir de cette condition peu glorieuse, et de rentrer dès aujourd’hui dans l’univers du savoir! Sous peine de voir un jour votre esprit réduit à un état sur lequel il serait vraiment trop affreux d’écrire même un mot (car un mot suffirait).

Rabindranath Tagore, le premier Prix Nobel d’Asie Friday, Dec 22 2006 

Rabindranath Tagore, surnommé “Gurudev”, brahmane Bengali né en 1861 et mort en 1941 à Calcutta, fut poète, écrivain, compositeur, peintre. Prix Nobel de littérature en 1913, il composa environ 2230 chansons; il est célèbre pour ses pièces de théâtre, ses poésies, ses nombreuses histoires courtes. Il est le seul compositeur à être l’auteur de deux hymnes nationaux: celui de l’Inde (Jana Gana Mana, “tu es le souverain de toutes les âmes”) et celui du Bengladesh.
Il commença à écrire ses premiers poèmes à l’âge de huit ans; bien qu’il ait fait ses études en Angleterre, il fut peu à peu dégoûté du “Raj Britannique” et finit par se rallier au Mouvement d’indépendance de l’Inde et à fréquenter Mahatma Gandhi. A la fin de sa vie, il exprima un intérêt profond pour les sciences, la biologie, la physique, l’astronomie. Ses conversations avec Einstein, qui le tenait en grande estime tout comme Gandhi, sont demeurées célèbres. Pour son 100e anniversaire, le fameux cinéaste Indien Satyajit Ray tourna un documentaire sur cet imposant personnage… à voir impérativement!

Écoutez Jana Gana Mana, l’hymne national de l’Inde, composé en l’honneur de Dieu:

Adolphe Sax, un génie oublié Thursday, Dec 14 2006 

Vous êtes-vous jamais demandé d’où le saxophone tirait son nom?200px-Adolphe_Sax.jpg

Antoine-Joseph Sax, dit Adolphe Sax, était un virtuose de la clarinette, un facteur d’instruments des plus doués, et inventeur de génie belge et wallon, né à Dinant en 1814. Fils d’un père lui-même hors du commun, Charles Sax, qui lui apprit son métier de facteur d’instrument, il eut une enfance toute remplie de catastrophes en tous genres: à un an, il dégringole trois étages et se cogne la tête contre une pierre; il avale une épingle; il se jette sur un poêle; à trois ans il boit une coupe de vitriol; une explosion le projette au loin affreusement brûlé; il manque de périr empoisonné par du blanc de plomb, de l’oxyde cuivre, de l’arsenic; il reçoit un pavé sur la tête, il manque de se noyer… Sa mère déclare “qu’il est condamné au malheur et ne vivra pas”.

Mais il vivra, il vivra même énormément: 90 ans, d’une vie cependant rythmée par des procès, des faillites, la maladie.

Après s’être installé à Paris, centre culturel de l’Europe d’alors, Adolphe Sax dépose le brevet du saxophone en 1846; instrument dont l’un des premiers appréciateurs fut Berlioz, son grand ami. Ses succès et ses inventions suscitèrent une envie qui atteint des proportions incroyables: la création d’une Société des Ennemis d’Adolphe Sax, une tentative d’assassinat, mais surtout, avec la contrefaçon, une quantité de procès, que Sax gagnera toujours, mais qui seront aussi la cause de ses faillites successives.

Un jour, Sax se réveilla aphone: que fit-il alors? il fabriqua, pour obéir à la prescription de son médecin, une machine à inhaler du goudron, dont Pasteur commandera quelques exemplaires. Sax mourra de maladie en 1894, non sans avoir produit toutes sortes d’autres inventions: un accordeur, des appareils purificateurs d’air, un appareil pour exercer les poumons, un procédé de soudure, etc… sans oublier le sifflet des locomotives à vapeur.

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