La trinité indo-européenne Friday, Oct 27 2006 

Les anciennes religions indo-européennes, polythéistes, pouvaient compter des dizaines, voire des centaines de dieux. A un degré supérieur d’organisation, trois dieux étaient mis en avant par rapport aux autres, et symbolisaient trois aspects possibles de l’action divine et humaine sur le monde: la création, la conservation, le renouveau. Trimurti.jpg

La Trimurti hindoue en est l’exemple le plus clair et le plus connu: Brahmâ est le principe créateur, Vishnu le défenseur, et Shiva celui qui détruit pour reconstruire. Chez les Romains, on trouve la fameuse “triade capitoline”, adorée dans le temple de Jupiter Capitolin: Jupiter, Minerve, Junon; chez les Germains, ce sont Odin, Thor et Freyr.

Le système de TRINITE, en fait beaucoup plus évolué et significatif que le monothéisme primaire, permet d’envisager la “roue du monde”, le cycle de la vie, l’éternel retour. Le monde créé doit être conservé, mais la chute est inévitable: cependant il renaîtra, comme le phénix de ses cendres.

Saint Thomas: le mystère du doute Wednesday, Oct 18 2006 

Qui n’a jamais entendu parler de l’apôtre Thomas, lequel ne voulut pas croire à la résurrection du Christ s’il ne pouvait VOIR et TOUCHER les marques de la crucifixion? Saint Thomas (en grec Didyme: “le jumeau”) est pour nous l’incarnation du doute, de celui qui n’a pas confiance. Est-ce à dire qu’il manquait de foi? Non: seulement sa foi n’était ni AVEUGLE, ni INSENSIBLE.

Il nous reste de saint Thomas un évangile apocryphe, qui est un recueil de logia (”oracles”) ou paroles prononcées par le Christ: on retrouve là encore la personnalité franche et soucieuse d’exactitude de cet apôtre, qui ne voulut point commenter inutilement la vie et les pensées de son maître.

Selon les Actes de Thomas (un autre texte apocryphe), saint Thomas se serait fait l’évangélisateur des Indes, et aurait fondé l’église chrétienne de Kerala, qui serait alors l’une des plus anciennes églises au monde!

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Caravaggio, l’incredulità di san Tommaso

Les mathématiques, quid? Monday, Oct 16 2006 

Le mot “mathématiques” vient tu grec μάθημα, signifiant ‘ce qui est appris, la leçon’, puis la connaissance en général, et enfin les sciences mathématiques (τὰ μαθημάτικα). Au nombre de trois, elles regroupaient chez Platon l’arithmétique, la géométrie, et l’astrologie. Plus tard on ajouta à ces “connaissances” l’harmonie, et on obtint ce qui allait devenir chez les Romains le “quadrivium” (arithmétique, géométrie, astronomie, musique), qui, associé au “trivium” (grammaire, rhétorique, dialectique), constitue les sept arts libéraux.

Aujourd’hui, notre vision des mathématiques, qui nous les fait voir comme une sorte de filet de formules à apprendre et à décliner, est donc erronée: les mathématiques ne sont que les dérivés de la Connaissance humaine, de tout ce que l’Homme a pu produire et essayer de comprendre depuis la nuit des temps, et de ce qui lui permettra d’avancer encore, debout, seul face à l’Univers, ayant pour seuls compagnons son Esprit, sa Raison.

Panini: le plus ancien et le plus moderne des grammairiens Tuesday, Oct 3 2006 

Quel fut le premier grammairien connu de l’humanité?panini.jpg

Un Indien, Panini, qui vécut entre le VIe et le IVe siècle av. J.-C. Grammairien du sanskrit, langue indo-européenne classique de l’Inde et encore parlée aujourd’hui, il utilisa, bien avant la naissance de la “linguistique moderne” avec Ferdinand de Saussure, les concepts linguistiques de racine, phonème et morphème. Sa grammaire (en sanskrit: Vyakarana) comprend quatre parties: sur la morphologie, la phonologie, les racines verbales, les racines des noms. Il est surtout célèbre pour avoir énoncé, dans l’Ashtadhyayi (ouvrage sur la morphologie), les 3959 sutras ou règles de morphologie. Elles forment une sorte de vaste code, qui permet de décrire toutes les formations possibles du sanskrit: les linguistes d’aujourd’hui, incapables de simplifier et fixer ainsi les langues dites “naturelles”, demeurent émerveillés devant ce système, similaire pour sa clarté et sa précision à un langage informatique…

Robert de Sorbon Monday, Oct 2 2006 

Qui était donc ce Robert de Sorbon, sans qui la fameuse Université de Sorbonne n’aurait jamais existé, et surtout n’aurait pas été si dignement baptisée?800px-Sorbonne_DSC09369.jpg

Chapelain de Louis IX (saint Louis), il naquit à Sorbon en 1201 et mourut en 1274 à Paris. Théologien, il fonda le Collège de Sorbonne en 1257, pour “seize pauvres maîtres ès arts, aspirants au doctorat en théologie”. Des théologiens, observant et pensant la logique de ce monde et de Dieu, furent donc les premiers étudiants de la Sorbonne: nous aussi, envisageons nos études, quelles qu’elles soient, comme une quête de savoir universel, scrutant l’horizon des vérités! Car l’Escholier de Sorbonne, étudiant universel, cherche et pense librement le monde, en se moquant bien de ce que le monde en pense…

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